{"id":11837,"date":"2025-09-09T09:22:42","date_gmt":"2025-09-09T09:22:42","guid":{"rendered":"https:\/\/institutfrancais.ro\/bucuresti\/sinae-lee\/"},"modified":"2026-01-19T10:29:54","modified_gmt":"2026-01-19T10:29:54","slug":"sinae-lee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/institutfrancais.ro\/bucuresti\/fr\/sinae-lee\/","title":{"rendered":"Sinae Lee"},"content":{"rendered":"\n<p>R\u00e9sidence \u00e0 Ia\u0219i et \u021aib\u0103ne\u0219ti du 19.09 au 9.10.2025<\/p>\n\n\n\n<p>Organis\u00e9 par l\u2019<strong>Institut fran\u00e7ais de Roumanie<\/strong>, en partenariat avec&nbsp;<strong>Borderline Art Space<\/strong>&nbsp;et l\u2019<strong>Association Maria<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Projet soutenu par&nbsp;<strong>IF Paris<\/strong>&nbsp;et la&nbsp;<strong>Fondation Hippocr\u00e8ne<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tincelle de d\u00e9part de la r\u00e9sidence de Sinae Lee est une de ses photos de famille. Elle, enfant qui brandit devant l\u2019objectif le signe V, pose \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa m\u00e8re, impassible. Deux g\u00e9n\u00e9rations, deux attitudes, qui bien des ann\u00e9es plus tard, sont confront\u00e9es \u00e0 leurs diff\u00e9rences, traduites par des d\u00e9calages de compr\u00e9hension, des \u00e9mois&nbsp;<em>love &amp; hate<\/em>. L\u2019artiste, install\u00e9e en France, depuis plus de dix ans, fait de la distance \u2013 physique et affective \u2013 avec son pays natal et sa famille, la trame de ses actions, vid\u00e9os, installations.<br>\u2003En Roumanie, elle ouvre un chapitre port\u00e9 par une volont\u00e9 d\u2019apaisement, d\u2019att\u00e9nuation du clash g\u00e9n\u00e9rationnel, en neutralisant le signe V. Geste du commun, il symbolise tant\u00f4t une victoire guerri\u00e8re, tant\u00f4t le signe de ralliement des hippies, la mignonnerie kawaii, ou encore l\u2019une des parades du chi fou mi. L\u2019artiste empile toutes ces significations dans un objet tot\u00e9mique&nbsp;: une \u00e9p\u00e9e \u00e0 deux poign\u00e9es, surmont\u00e9e d\u2019une main, les doigts en l\u2019air en forme de V. C\u2019est l\u2019\u00e9p\u00e9e du match nul, du compromis. Le but, pour qui partage cette \u00e9p\u00e9e, n\u2019est pas de vaincre mais de s\u2019entendre.<br>\u2003La r\u00e9sidence \u00e0 Ia\u015fi venait ponctuer ce r\u00e9cit, entre v\u00e9cu individuel et histoire universelle, d\u2019une phase de production gr\u00e2ce \u00e0 la tradition d\u2019artisanat du m\u00e9tal et du fer. Sinae Lee passe alors trois semaines dans un atelier de ferronnerie, dit \u00ab&nbsp;Batem fierul la conac&nbsp;\u00bb, aux c\u00f4t\u00e9s de compagnons du devoir. Elle s\u2019immerge dans la vie de l\u2019atelier, de la routine de travail, \u00e0 la camaraderie, en passant par l\u2019apprentissage des techniques rudimentaires. C\u2019est une exp\u00e9rience physique et sensorielle \u00e0 plusieurs titres&nbsp;: d\u2019une part, l\u2019atmosph\u00e8re sonore est satur\u00e9e de bruits, secs et r\u00e9p\u00e9titifs des coups de marteaux, d\u2019autres ronronnant comme celui du ventilateur qui permet de contr\u00f4ler la temp\u00e9rature des fours&nbsp;; d\u2019autre part, elle se confronte \u00e0 l\u2019exigence des gestes du m\u00e9tier, \u00e0 la force n\u00e9cessaire pour chauffer, marteler le m\u00e9tal. Elle enregistre par la vid\u00e9o ou par la photographie, les micro-\u00e9v\u00e8nements qui se tissent en pointill\u00e9 de l\u2019image d\u2019ensemble telle qu\u2019on se l\u2019imagine, des corps au travail, du duo homme-technique. Elle piste les bruits de fond, les mini-poussi\u00e8res de carbone qui brillent dans le soleil du matin.<br>\u2003C\u2019est une attention port\u00e9e sur le discret et le sous-jacent, une m\u00e9thodologie qu\u2019elle applique \u00e0 sa propre exp\u00e9rience de r\u00e9sidence. Avec l\u2019aide technique des compagnons d\u2019atelier, elle produit une premi\u00e8re version de son \u00e9p\u00e9e, qui au-del\u00e0 du r\u00e9sultat formel en lien avec son id\u00e9e initiale, encapsule les strates relationnelles et empiriques qui se sont s\u00e9diment\u00e9es au fil de la r\u00e9sidence. Bien qu\u2019y ayant apport\u00e9 ses envies de production plastique, Sinae Lee s\u2019est laiss\u00e9e travers\u00e9e par le contexte et les \u00e9l\u00e9ments en pr\u00e9sence.<br>\u2003Elle a \u00e9t\u00e9 intrigu\u00e9e par exemple par l\u2019observation de nombreuses maisons inachev\u00e9es dans les environs de l\u2019atelier. Le \u00ab&nbsp;on dit&nbsp;\u00bb explique qu\u2019elles sont le fruit d\u2019allers-retours successifs de saisonniers entre l\u2019Italie ou l\u2019Allemagne et la Roumanie. Les maisons avancent, ou sont mises en pause, en fonction des venues des travailleurs, habit\u00e9es par le r\u00eave de pouvoir enfin s\u2019y installer un jour, ou abandonn\u00e9es si ces travailleurs ne reviennent finalement pas. L\u2019artiste a vu dans cette architecturale en suspens, une r\u00e9sonance de sa propre histoire de migration et de d\u00e9territorialisation, entre la France et la Cor\u00e9e.<br>\u2003Son rapport aux compagnons du devoir est aussi mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion et prolonge le soin qu\u2019elle cultive dans la relation aux interlocuteur\u00b7rices qui croisent sa vie de tous les jours. L\u00e0 o\u00f9 elle s\u2019exerce habituellement \u00e0 parler de son travail, de son positionnement d\u2019artiste dans la soci\u00e9t\u00e9, dans la sph\u00e8re intime de la famille, le compagnonnage devenait une autre mani\u00e8re de mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve la transmission et d\u2019\u00ab&nbsp;ajuster la temp\u00e9rature&nbsp;\u00bb pour partager son quotidien avec les autres.<br>\u2003S\u2019ajoutent \u00e9galement ses ressentis de l\u2019arriv\u00e9e et du d\u00e9part, comme un&nbsp;<em>revival&nbsp;<\/em>condens\u00e9 de son parcours de vie. Excitation et d\u00e9sorientation d\u2019une arriv\u00e9e dans un territoire inconnu&nbsp;; nostalgie et d\u00e9sarroi de quitter ce lieu d\u00e9sormais familier. Elle met en films ces va-et-vient, dans la continuit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre&nbsp;<em>J\u2019ai besoin de la chance<\/em>&nbsp;: sa cam\u00e9ra pos\u00e9e \u00e0 la vitre de la voiture qui l\u2019emm\u00e8ne \u00e0 l\u2019a\u00e9roport enregistre son trajet, l\u2019\u00e9loignement progressif et les changements du paysage. Elle a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 pour une quatri\u00e8me fois, \u00e0 son retour de Roumanie, son action performative film\u00e9e,&nbsp;<em>Past and Future<\/em>, o\u00f9 elle fait du stop avec comme destination le pass\u00e9 ou le futur.<br>\u2003L\u2019\u00e9p\u00e9e qui l\u2019a conduite en Roumanie, lui a permis d\u2019ouvrir un autre chemin, celui du rapprochement entre diff\u00e9rentes g\u00e9ographies, entre ce qui a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu et ce qui reste \u00e0 venir. Invit\u00e9e par la Borderline Gallery pour une exposition personnelle en avril prochain, elle construit son exposition autour de la notion du \u00ab&nbsp;Kiss &amp; Ride&nbsp;\u00bb \u2013 \u00e9quivalent du d\u00e9pose-minute fran\u00e7ais \u2013 pour retracer ces exp\u00e9riences crois\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Andr\u00e9anne B\u00e9guin<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10051\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_01-768x1024.jpg\" alt=\"Sinae Lee\" class=\"wp-image-10051\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10053\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_02-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10053\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10055\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_03-667x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10055\"\/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10061\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_06.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10061\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10059\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_05.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10059\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10057\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_04.jpg\" alt=\"Sinae Lee\" class=\"wp-image-10057\"\/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10063\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_07.jpg\" alt=\"Sinae Lee\" class=\"wp-image-10063\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10065\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_08.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10065\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10067\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_09.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10067\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10069\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_10.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10069\"\/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-4 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10071\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_11-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10071\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10073\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_12-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10073\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10075\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/sl_13-768x1024.jpg\" alt=\"Sinae Lee\" class=\"wp-image-10075\"\/><\/figure>\n<\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sidence \u00e0 Ia\u0219i et \u021aib\u0103ne\u0219ti du 19.09 au 9.10.2025 Organis\u00e9 par l\u2019Institut fran\u00e7ais de Roumanie, en partenariat avec&nbsp;Borderline Art Space&nbsp;et l\u2019Association Maria. 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