{"id":11845,"date":"2025-06-03T09:28:38","date_gmt":"2025-06-03T09:28:38","guid":{"rendered":"https:\/\/institutfrancais.ro\/bucuresti\/lucie-douriaud\/"},"modified":"2026-01-19T10:28:09","modified_gmt":"2026-01-19T10:28:09","slug":"lucie-douriaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/institutfrancais.ro\/bucuresti\/fr\/lucie-douriaud\/","title":{"rendered":"Lucie Douriaud"},"content":{"rendered":"\n<p>R\u00e9sidence \u00e0 Cluj-Napoca du 29.09 au 29.10.2025<\/p>\n\n\n\n<p>Organis\u00e9 par l\u2019<strong>Institut fran\u00e7ais de Roumanie<\/strong>, en partenariat avec&nbsp;<strong>Centrul Cultural Clujean<\/strong>&nbsp;et avec le support de la&nbsp;<strong>Facult\u00e9 de G\u00e9ologie UBB Cluj<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Projet soutenu par&nbsp;<strong>IF Paris<\/strong>&nbsp;et la&nbsp;<strong>Fondation Hippocr\u00e8ne<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec sa r\u00e9sidence au Centrul Cultural Clujean \u00e0 Cluj-Napoca, Lucie Douriaud poursuit son exploration des entrailles de la terre par un s\u00e9jour au plus pr\u00e8s de la mat\u00e9rialit\u00e9 de l\u2019extractivisme. Dans la continuit\u00e9 de&nbsp;<em>S(oil),&nbsp;<\/em>r\u00e9plique des champs p\u00e9trolif\u00e8res au Texas, de&nbsp;<em>the Next Oil #1 et #2<\/em>, nourris par ses recherches sur les terres rares, l\u2019artiste pressentait que la Roumanie, autant pour ses paysages, que pour l\u2019histoire ancienne de leur exploitation, lui offrirait un terrain de recherche f\u00e9cond. Fid\u00e8le \u00e0 sa m\u00e9thodologie d\u2019aller-retour entre les \u00e9chelles, elle a navigu\u00e9 entre le micro et le macro, du laboratoire \u00e0 la mine.<br>\u2003Une premi\u00e8re partie de ses recherches s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Babe\u0219-Bolyai gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019accueil de C\u0103lin Gabriel T\u0103ma\u0219, g\u00e9ologue, sp\u00e9cialiste des minerais m\u00e9talliques. Des fragments de pierres polies \u2013 argent, covellite, bornite \u2013 ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s au microscope et photographi\u00e9s. L\u00e0 o\u00f9 le regard scientifique port\u00e9 sur ces sp\u00e9cimens se focalise sur les propri\u00e9t\u00e9s chimiques, la puret\u00e9 de leurs compositions et de leurs structures, l\u2019\u0153il de l\u2019artiste s\u2019arr\u00eate lui sur leurs imperfections&nbsp;: t\u00e2ches d\u2019oxydation, traces de doigt, reliquats de r\u00e9sine de manipulation, gouttelettes. Ces intenses variations de textures, mati\u00e8res et formes ont \u00e9t\u00e9 immortalis\u00e9es par des prises de vue microscopiques, et par des photographies \u00e0 l\u2019IPhone dans le binoculaire. Entre la documentation et la prise de vue artistique, Lucie Douriaud entrevoit dans ces clich\u00e9s, la potentialit\u00e9 plastique de leur impression, \u00e0 partir d\u2019encres et de supports m\u00e9talliques.<br>\u2003Ces images sont compl\u00e9t\u00e9es par un autre ensemble, r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir des collections du mus\u00e9e d\u00e9partemental de min\u00e9ralogie de Baia Mare. Les pierres pr\u00e9sent\u00e9es sont remarquables pour leur valeur g\u00e9ologique, mais aussi pour leur valeur financi\u00e8re. Outre les photographies, la visite au mus\u00e9e a aussi permis \u00e0 l\u2019artiste de prolonger son \u00e9tude de la cristallographie en piochant diff\u00e9rents sch\u00e9mas dans le contenu p\u00e9dagogique, comme autant de compositions en devenir de sculpture.<br>\u2003Apr\u00e8s cet ultra-zoom sur la mati\u00e8re min\u00e9rale, elle a pu remonter la piste de leur origine gr\u00e2ce \u00e0 des excursions. Une premi\u00e8re dans une mine \u00e0 ciel ouvert de Ro\u0219ia Poieni. La montagne est grignot\u00e9e sans r\u00e9pit pour produire du cuivre, transform\u00e9 en poudre et envoy\u00e9 en Chine. L\u2019artiste a pu parcourir ce site m\u00e9tallurgique depuis le paysage en escalier creus\u00e9 dans la roche, jusqu\u2019au fond de la mine o\u00f9 stagne de l\u2019eau bleue oxyd\u00e9e, en passant par la salle remplie de bassins de transformation dans lesquels le minerais est port\u00e9 \u00e0 \u00e9bullition pour en s\u00e9parer le m\u00e9tal. Cet itin\u00e9raire au c\u0153ur du cycle de vie de la mati\u00e8re et ses m\u00e9tamorphoses apporte non seulement des r\u00e9ponses aux \u00e9nigmes que son travail soul\u00e8ve en d\u00e9cortiquant des produits transform\u00e9s, mais constitue aussi une exp\u00e9rience forte en \u00e9motions par la densit\u00e9 visuelle des textures, des couleurs, des reliefs. Loin d\u2019une fascination morbide pour l\u2019extractivisme, les observations de l\u2019artiste sont, au contraire, travers\u00e9es par une conscience aigu\u00eb, v\u00e9cue ici physiquement, de la d\u00e9vastation des milieux naturels. \u00c0 quelques kilom\u00e8tres de la mine, le lac de Geam\u0103na re\u00e7oit les eaux us\u00e9es pr\u00e9tendument d\u00e9pollu\u00e9es par une surcharge de Ph pour en r\u00e9guler l\u2019acidit\u00e9. Lucie Douriaud a pu constater l\u2019amalgame contre-nature entre ces eaux bleues cristallines et celles du lac, d\u2019un noir intense \u00e0 force d\u2019\u00eatre sursatur\u00e9es d\u2019acides. Malgr\u00e9 les couleurs automnales chatoyantes de la for\u00eat alentour, le site est inqui\u00e9tant, environnementalement sinistre.<br>\u2003Pour la suite des excursions, l\u2019artiste s\u2019est rendue dans deux grottes Pe\u0219tera Ur\u0219ilor et Pe\u0219tera cu Cristale de la mine Farcu, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019ancienne mine de sel Salina Turda. Ici, la nature est exploit\u00e9e, non pas pour les besoins de l\u2019industrie, mais pour le tourisme ou les loisirs. Dans la premi\u00e8re, de chambre en chambre, suivant les m\u00e9andres des cavit\u00e9s, elle plonge dans des effets de texture et de reliefs, sculpt\u00e9s par l\u2019eau et l\u2019\u00e9rosion. Dans la seconde et dans l\u2019ancienne mine de sel, elle est saisie par les tons rouges ou translucides, et les marbrures des blocs, taill\u00e9s \u00e0 la main. Des photographies viennent fixer les stratifications et les contrastes per\u00e7us lors de ces exp\u00e9ditions souterraines.<br>\u2003Chaque soir, l\u2019artiste retranscrit aux crayons m\u00e9talliques sur papier noir, tous ces stimuli visuels, en des petits formats A6. Elle les m\u00e9lange aux nombreux motifs et d\u00e9tails, g\u00e9om\u00e9triques et baroques, de l\u2019architecture Clujoise qu\u2019elle guette et rel\u00e8ve dans ses d\u00e9placements quotidiens, amor\u00e7ant ainsi une s\u00e9rie de dessins, pr\u00e9mices de tissages \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Andr\u00e9anne B\u00e9guin<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10081\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/ld_01.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10081\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10083\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/ld_02.jpg\" alt=\"\" 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has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10091\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/ld_06-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10091\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10093\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/ld_07-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10093\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10095\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/ld_08-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10095\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" data-id=\"10097\" 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