{"id":5651,"date":"2023-01-31T10:58:48","date_gmt":"2023-01-31T08:58:48","guid":{"rendered":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/?p=5651"},"modified":"2023-01-31T11:36:14","modified_gmt":"2023-01-31T09:36:14","slug":"pensees-litteraires-sarah-jollien-fardel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/pensees-litteraires-sarah-jollien-fardel\/","title":{"rendered":"Pens\u00e9es litt\u00e9raires \u2013 Sarah Jollien Fardel"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Sa pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e<\/em>, Sarah Jollien-Fardel<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>(<\/strong>Paris, Sabine Wespieser \u00c9diteur, 2022, 200 pages)<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em><em>Au-del\u00e0 de la peur, il y a des souvenirs. Il y a des coups de poing, des yeux en larmes, des cris de fureur ou de douleur. Il y a des cadavres.<\/em><\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>R\u00e9compens\u00e9 en 2022 par le Prix du Roman FNAC, <em>Sa pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e<\/em>de Sarah Jollien-Fardel est le t\u00e9moignage d\u2019un enfant d\u00e9pourvu d\u2019enfance. Dans le canton du Valais, village montagnard en Suisse, le drame d\u2019une famille martyris\u00e9e est pass\u00e9 sous le silence.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers Jeanne, la protagoniste, Sarah Jollien-Fardel nous raconte le massacre d\u2019une jeunesse. Le p\u00e8re tourmente Jeanne, son autre fille et son \u00e9pouse, mais il n\u2019y a pas seulement les blessures qui font mal, mais aussi les peurs et les humiliations qui ne gu\u00e9rissent pas. Les yeux exorbit\u00e9s, fous, de l\u2019homme restent imprim\u00e9s sur leur r\u00e9tine. Jeanne lutte contre sa propre enfance, contre son p\u00e8re brutal, contre soi-m\u00eame&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je n&rsquo;avais pas trente ans, j&rsquo;\u00e9tais en guerre. Depuis toujours. Pour toujours.&nbsp;\u00bb(page 105)<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019humiliation subie l\u2019a d\u00e9pouill\u00e9e d\u2019identit\u00e9. L\u2019enfant qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 regarde la femme qu\u2019elle est devenue et la critique de ne pas avoir bris\u00e9 le silence. L\u2019impuissance d\u2019oublier, de pardonner les atrocit\u00e9s de l\u2019enfance est le vrai drame, le bruit des coups revenant obsessivement dans sa conscience. Le futur ne peut exister que dans la perspective du pass\u00e9. Mais comment quelqu\u2019un pourrait-il vivre s\u2019il porte le pass\u00e9 devant ses yeux&nbsp;? Quel genre de mort-n\u00e9 est ce maudit \u00eatre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Elle veut vivre malgr\u00e9 tout l\u2019horreur que le p\u00e8re lui fait subir. C\u2019est pour cela que Jeanne s\u2019exile \u00e0 Lausanne, mais quelque chose la retient encore prisonni\u00e8re dans cet \u00e2ge qu\u2019elle n\u2019a pas d\u00e9pass\u00e9, dans la maison de son p\u00e8re. Peut-\u00eatre la culpabilit\u00e9. Elle est n\u00e9e en col\u00e8re\u00a0; elle se r\u00e9volte\u00a0; elle craint de lui ressembler. Son p\u00e8re qui est la quintessence de la perversion, la limite du manque d\u2019id\u00e9al, l\u2019animal pr\u00e9dateur sans chance au pardon, l\u2019obs\u00e8de. Quand il pr\u00e9sente ses excuses, Jeanne lui crache au visage. Elle le hait parce qu\u2019elle le reconna\u00eet dans sa propre \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>On a, pendant la lecture, une \u00e9trange sensation que Jeanne envie sa s\u0153ur parce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 la pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de leur p\u00e8re. L\u2019enfant cherche l\u2019amour\u2026 m\u00eame s\u2019il s\u2019agirait de l\u2019amour perverse, violent d\u2019un monstre.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Miruna Moldoveanu<\/h5>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9compens\u00e9 en 2022 par le Prix du Roman FNAC, Sa pr\u00e9f\u00e9r\u00e9ede Sarah Jollien-Fardel est le t\u00e9moignage d\u2019un enfant d\u00e9pourvu d\u2019enfance.<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":5650,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[140],"tags":[],"class_list":["post-5651","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-pensees-litteraires-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5651","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5651"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5651\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5658,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5651\/revisions\/5658"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5650"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5651"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5651"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5651"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}