{"id":6269,"date":"2023-05-11T09:59:59","date_gmt":"2023-05-11T07:59:59","guid":{"rendered":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/pensees-litteraires-lucien-goldmann\/"},"modified":"2023-05-11T11:10:23","modified_gmt":"2023-05-11T09:10:23","slug":"pensees-litteraires-lucien-goldmann","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/pensees-litteraires-lucien-goldmann\/","title":{"rendered":"Pens\u00e9es litt\u00e9raires \u2013 Lucien Goldmann"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Le dieu cach\u00e9, <\/em>Lucien Goldmann<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Paris, Gallimard, 1955, 454 pages<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la position cosmologique de Dieu \u2013 c\u2019est \u00e0 dire, celle de spectateur \u2013 que Goldmann analyse par son \u00e9tude sur la vision du tragique dans les Pens\u00e9es de Pascal et dans le th\u00e9\u00e2tre de Racine. Muet et passif, Dieu regarde l\u2019homme en souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, ce Dieu absconditus n\u2019est pas uniquement absent, mais il est pr\u00e9sent en m\u00eame temps. Dans cette simultan\u00e9it\u00e9 se trouve le paradoxe de son existence. Dieu est cach\u00e9, mais plus exactement il se cache \u00e0 l\u2019homme ; il reste un potentiel \u00e9nerg\u00e9tique qui ne se manifeste jamais. Georg Luk\u00e1cs, face \u00e0 un Dieu qui nous voit, mais qui ne nous r\u00e9pond pas, se demande\u00a0: Peut-il encore vivre l\u2019homme sur lequel est tomb\u00e9 le regard de Dieu\u00a0?\u00a0 N\u2019y a-t-il pas un d\u00e9saccord entre l\u2019acte humain et la pr\u00e9sence divine ?<\/p>\n\n\n\n<p>Si pour les rationalistes (\u00e0 titre d\u2019exemple, on mentionne Descartes, Malebranche, Spinoza), Dieu repr\u00e9sente la loi g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019auteur des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles qui garantit l\u2019existence au monde et auquel on reconna\u00eet le droit th\u00e9orique de faire occasionnellement des miracles, pour Pascal et pour Racine il y a un Dieu tragique. Il juge et rappelle toujours \u00e0 l\u2019homme, par son silence, qu\u2019il n\u2019y a pas le moindre compromis \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le milieu de deux infinis, l\u2019homme lutte pour atteindre l\u2019une de ces \u00e9ternit\u00e9s. Chez Pascal, c\u2019est le combat contre soi, contre le relatif, ce qui m\u00e8ne \u00e0 la solitude, puis \u00e0 la conscience tragique. D\u2019apr\u00e8s Lucien Goldmann, la grandeur tragique est le refus de la concession au nom d\u2019un acte intramondain, et ce refus est l\u2019affirmation de la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si on fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Racine ou \u00e0 la philosophie de Pascal, l\u2019essence de la condition humaine est la mort. Luk\u00e1cs dit, dans ce sens, que le h\u00e9ros v\u00e9cu \u00e0 la mort de la trag\u00e9die sont morts depuis longtemps avant de mourir. Andromaque est morte depuis ses premi\u00e8res paroles. Quand le rideau se l\u00e8ve, l\u2019avenir est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans l\u2019acte tragique.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Miruna Moldoveanu<\/h5>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est la position cosmologique de Dieu \u2013 c\u2019est \u00e0 dire, celle de spectateur \u2013 que Goldmann analyse par son \u00e9tude sur la vision du tragique dans les Pens\u00e9es de Pascal et dans le th\u00e9\u00e2tre de Racine.<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":6267,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[140],"tags":[],"class_list":["post-6269","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-pensees-litteraires-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6269","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6269"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6269\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6279,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6269\/revisions\/6279"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6267"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6269"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6269"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6269"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}