{"id":6868,"date":"2023-01-10T15:00:00","date_gmt":"2023-01-10T13:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/pensees-litteraires-michel-o\/"},"modified":"2023-07-18T15:24:20","modified_gmt":"2023-07-18T13:24:20","slug":"pensees-litteraires-michel-o","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/pensees-litteraires-michel-o\/","title":{"rendered":"Pens\u00e9es litt\u00e9raires \u2013 Michel Onfray"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em><strong><em>La sculpture de soi,&nbsp;<\/em><\/strong><\/em>Michel Onfray<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Paris,&nbsp;<\/strong><strong>Grasset, 1993, 294 pages<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Imaginez-vous entour\u00e9s de miroirs. Vous pouvez contempler de tous les angles votre \u00eatre, envisager la chair comme \u00e9tant la mati\u00e8re par excellence. Mais la sym\u00e9trie de ces r\u00e9flexions vous emp\u00eache de vous regarder vous-m\u00eame. C\u2019est alors que commence la sculpture de soi, concept analys\u00e9 dans l\u2019\u00e9tude philosophique de Michel Onfray.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une perspective \u00e9thique, cela n\u2019a rien de narcissique, car il ne s\u2019agit pas d\u2019une prosternation devant un visage ador\u00e9. Le regard sur soi est glacial. L\u2019\u00eatre, face \u00e0 sa chair, analyse les possibilit\u00e9s de devenir \u2013 c\u2019est comme une critique des virtualit\u00e9s pour qu\u2019elle s\u2019actualise dans l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de sa force humaine. L\u2019homme ne suffit pas et le r\u00eave nietzsch\u00e9en revient avec de la nostalgie. Ce <em>Caesar avec le c\u0153ur de Christ<\/em> nous s\u00e9duit. Le surhomme est, enfin, le potentiel dans toute sa puissance cr\u00e9atrice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutefois ce jeu des yeux qui ne se regardent pas est un exercice de force morale. On doit \u00eatre un esth\u00e8te \u2013 nous dit Michel Onfray \u2013 mais non dans le sens \u00e9go\u00efste de celui qui choisit seulement l\u2019une de ses virtualit\u00e9s. Car il faut les r\u00e9unir dans leur pl\u00e9nitude unanime. Les images dispers\u00e9es, l\u2019automutilation dont on a souffert se reconstitue \u00e0 travers un mouvement artistique. Le sculpteur travaille sur soi. \u00c0 la fois artiste et \u0153uvre, sculpteur et sculpture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De cette fa\u00e7on, on dispose du corps selon la conduite d\u2019une volont\u00e9 exp\u00e9rimentale. Ce projet d\u2019esth\u00e9tisme est donc une tentative d\u2019immortaliser l\u2019\u00eatre dans la totalit\u00e9 de son \u00e9nergie vitale \u2013 comme si Ph\u00e9bus, si on fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la mythologie, reste toujours suspendu entre terre et ciel, dans le point le plus pr\u00e8s du soleil. Il reste \u00e0 nous demander, apr\u00e8s avoir lu cette profonde \u00e9tude de la r\u00e9alisation humaine, que se passe-t-il si l\u2019on joue avec le <em>sur<\/em>-vivre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Miruna Moldoveanu<\/h5>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sculpture de soi,&nbsp;Michel Onfray Paris,&nbsp;Grasset, 1993, 294 pages Imaginez-vous entour\u00e9s de miroirs. Vous pouvez contempler de tous les angles votre \u00eatre, envisager la chair comme \u00e9tant la mati\u00e8re par excellence. Mais la sym\u00e9trie de ces r\u00e9flexions vous emp\u00eache de vous regarder vous-m\u00eame. 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