{"id":7380,"date":"2023-12-06T10:41:21","date_gmt":"2023-12-06T08:41:21","guid":{"rendered":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/padurea-interzisa\/"},"modified":"2023-12-14T11:41:34","modified_gmt":"2023-12-14T09:41:34","slug":"padurea-interzisa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/padurea-interzisa\/","title":{"rendered":"La for\u00eat interdite"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-heading\">Exposition de M\u00e9lanie Patris&nbsp;(Belgique)<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"536\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/11\/melaniepatris-1024x536.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7367\" srcset=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/11\/melaniepatris-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/11\/melaniepatris-300x157.jpg 300w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/11\/melaniepatris-768x402.jpg 768w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/11\/melaniepatris-1536x804.jpg 1536w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/11\/melaniepatris.jpg 1771w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>7\u201320 d\u00e9cembre<br>La Cave, Institut fran\u00e7ais<br>Vernissage : 7 d\u00e9cembre, 18h<br>Horaires d&rsquo;ouverture : lundi\u2013vendredi, 10h\u201317h<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p>On dit que la nuit de <em>Sanziene<\/em>, les cieux s\u2019ouvrent, laissant un passage entre le monde des mortels et celle des esprits. Les f\u00e9es des r\u00e9coltes, les <em>Sanziene<\/em>, voltigent dans les airs en b\u00e9nissant les moissons. \u00catres sauvages et merveilleuses, elle se d\u00e9fendent d\u2019\u00eatre vues des mortels, en blessant quiconque, et surtout les hommes qui osent briser&nbsp;l\u2019interdit. La f\u00eate du m\u00eame nom, qui a lieu autour du solstice d\u2019\u00e9t\u00e9, le 24 juin plus pr\u00e9cis\u00e9ment, tient ses origines dans les cultes agraires pr\u00e9-chr\u00e9tiennes, \u00e9tant c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans beaucoup des pays europ\u00e9ens. Dans les pays roumains elle prend une importance particuli\u00e8re, lorsqu\u2019elle perdure jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Dans les villages de notre enfance, on cueillait les fleurs jaunes de <em>sanziene<\/em>, pour en faire des couronnes \u00e0 mettre aux portes, afin d\u2019invoquer la protection et l\u2019abondance. C\u2019\u00e9tait un jour de f\u00eate, ou l\u2019on ne travaillait pas, et les feux brillaient jusque tard dans la nuit sur les collines tout autour. La prose de Mircea Eliade, dont nous tirons le nom de l\u2019exposition*, nous enseigne que les mythes et symboles existent parmi nous, camoufl\u00e9es dans des faits apparemment banals de la vie quotidienne. Le merveilleux existe, pour celles et ceux qui ont des yeux pour le voir.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9lanie Patris est une artiste en qu\u00eate du merveilleux. \u00c0 travers sa pratique photographique, et les rituels que celle-ci suppose, elle nous fait d\u00e9couvrir un territoire au-del\u00e0 des fronti\u00e8res physiques, un territoire invisible, mais pas moins r\u00e9el pour autant. Photographier l\u2019invisible&nbsp;? Ce fait semble paradoxal, et pourtant elle y parvient par des moyens sp\u00e9cifiquement photographiques, comme la longueur de pose, les superpositions, les techniques anciennes ou \u00ab&nbsp;pauvres&nbsp;\u00bb (comme le polaro\u00efd) qui invitent le hasard \u00e0 s\u2019immiscer dans l\u2019image. Les s\u00e9ries propos\u00e9es pour cette exposition proviennent des deux r\u00e9sidences en milieux ruraux. La premi\u00e8re, \u00ab&nbsp;Incipit&nbsp;\u00bb, r\u00e9alis\u00e9e en 2017 dans le Condroz, un territoire jalonn\u00e9 des prairies, for\u00eats, collines et villages, explore la possibilit\u00e9 de retrouver la nature sauvage qui habite en nous, la connexion avec la nature et les autres \u00eatres non-humains, la libert\u00e9 de l\u2019\u00eatre en dehors des carcans de la soci\u00e9t\u00e9. Le cheval, qui apparait souvent, est un symbole de cette nature sauvage, mais aussi animal psychopompe, qui permet le passage vers d\u2019autres mondes. Et, ajouterons-nous, symbole solaire dans cette mythologie agraire dont il \u00e9tait question.&nbsp; L\u2019autre s\u00e9rie, \u00ab&nbsp;Sortir de la for\u00eat&nbsp;\u00bb, 2022, s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e pendant une r\u00e9sidence \u00e0 Ocquier, un village avec un lourd pass\u00e9, notamment \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la contrer\u00e9forme, quand des nombreuses femmes (et quelques hommes) ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9es et ex\u00e9cut\u00e9es pour sorcellerie. En effleurant les traces de ces femmes, M\u00e9lanie s\u2019interroge sur leur rapport \u00e0 l\u2019invisible, aux soins, au rituel et \u00e0 la nature. Attir\u00e9e par les l\u00e9gendes autour de la for\u00eat Baciu, M\u00e9lanie souhaite depuis longtemps visiter notre ville, pour tenter de lui percer les myst\u00e8res. Cette exposition fera un bon d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n<p>* <em>La for\u00eat interdite&nbsp;<\/em>est&nbsp;le titre de la traduction fran\u00e7aise du roman de Mircea Eliade, <em>Noaptea de S\u00e2nziene<\/em>, 1955.<\/p>\n\n\n\n<p>Teodora Cosman<\/p>\n\n\n<table border=\"0\" width=\"900px\" cellspacing=\"10\" cellpadding=\"10\" align=\"left\">\n<tbody>\n<tr valign=\"top\">\n<td width=\"500px\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/11\/portraitpatris.jpg\" width=\"500px\" border=\"0\" \/>\n<p><a href=\"https:\/\/www.melaniepatris.com\"><strong>www.melaniepatris.com<\/strong><\/a><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"10px\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/td>\n<td width=\"390px\">\n<p>N\u00e9e en 1977 \u00e0 Tournai, <strong>M\u00e9lanie Patris<\/strong> vit et travaille \u00e0 Bruxelles.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 l\u2019acad\u00e9mie de photographie \u00e0 Bruxelles, elle a continu\u00e9 \u00e0 se former dans le domaine des pratiques argentiques, exp\u00e9rimentales et anciennes.\u00a0<\/p>\n<p>Elle a affin\u00e9 son approche en participant \u00e0 plusieurs workshops, r\u00e9sidences, ateliers sur le long terme et suivis individuels en Belgique et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.\u00a0<\/p>\n<p>Elle \u00e9largit sans cesse son langage photographique en travaillant en collaboration avec d\u2019autres artistes photographes et du monde de la sc\u00e8ne.\u00a0<\/p>\n<p>Son regard d\u2019anthropologue et sa pratique d\u2019art th\u00e9rapeute en psychiatrie l\u2019aident \u00e0 \u00e9largir sa pr\u00e9hension du monde et \u00e0 \u00e9paissir ses recherches photographiques et visuelles. Elle voit dans son travail une approche ethnographique qui lui permet d\u2019explorer et de questionner plus largement le sens des images.<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9lanie Patris est une artiste en qu\u00eate du merveilleux. \u00c0 travers sa pratique photographique, et les rituels que celle-ci suppose, elle nous fait d\u00e9couvrir un territoire au-del\u00e0 des fronti\u00e8res physiques, un territoire invisible, mais pas moins r\u00e9el pour autant.<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":7368,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[147,56],"tags":[],"class_list":["post-7380","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-147","category-la-cave-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7380","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7380"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7380\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7428,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7380\/revisions\/7428"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7368"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7380"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7380"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7380"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}