{"id":8432,"date":"2024-09-03T10:51:50","date_gmt":"2024-09-03T08:51:50","guid":{"rendered":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/murmurul-unei-zile-fara-evenimente\/"},"modified":"2024-10-21T08:41:04","modified_gmt":"2024-10-21T06:41:04","slug":"murmurul-unei-zile-fara-evenimente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/murmurul-unei-zile-fara-evenimente\/","title":{"rendered":"Murmure d&rsquo;une journ\u00e9e sans \u00e9v\u00e8nements"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Chapitre 1er de la s\u00e9rie <em>Disparitions dans les paysages<\/em><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"380\" height=\"10\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/bandeaublanc380x10px.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8222\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"482\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/murmurul-1024x482.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8429\" srcset=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/murmurul-1024x482.jpg 1024w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/murmurul-600x283.jpg 600w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/murmurul-768x362.jpg 768w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/murmurul-1536x723.jpg 1536w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/murmurul.jpg 1771w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-24937f362a5810dbd11889f105e2f06a\">Mimi Ciora \u2013 Dinu Bodiciu<\/h4>\n\n\n\n<p>Commissaire de l&rsquo;exposition : <strong>Edith L\u00e1z\u00e1r<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>12 septembre \u2013 18 octo<strong>bre<\/strong> | La Cave | Institutul fran\u00e7ais de Cluj-Napoca<br>Vernissage : jeudi 12 septembre, 18h<br>Horaires d&rsquo;ouverture : du lundi au vendredi, 10h \u2013 17h<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ce n\u2019est pas tant un son r\u00e9el qu\u2019une sorte de bourdonnement interne, comme on peut imaginer entendre les ongles et les cheveux pousser ou les bourgeons s\u2019ouvrir. \u00bb \u2013 Jenny Hval, <em>Paradise Rot<\/em>*<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u00e9j\u00e0 la fin de l\u2019apr\u00e8s-midi et quelque chose vous dit que vous devriez \u00eatre productif, mais le corps semble dispara\u00eetre progressivement dans les plis des draps, absorb\u00e9 par la douceur du matelas, laissant derri\u00e8re lui la pression de la performance. Au-del\u00e0 du lit, cependant, un bourdonnement \u00e0 peine perceptible et la sensation de mouvements subtils semblent animer l\u2019espace m\u00eame en votre absence.<\/p>\n\n\n\n<p>La retraite dans cet \u00e9tat de l\u00e9thargie est de plus en plus souvent appel\u00e9e \u00ab <em>paresse au lit \u00bb<\/em>, un terme viral qui d\u00e9signe le fait de s\u2019asseoir et de ne rien faire, d\u00e9fiant ainsi la culture capitaliste de la productivit\u00e9 perp\u00e9tuelle et la pression de toujours donner un but au loisir. Cependant, <em>la paresse au lit<\/em> pourrait tout aussi bien \u00eatre une forme de fusion avec l\u2019espace intime de la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Le philosophe Emanuel Coccia observe que la mani\u00e8re dont nous habitons et vivons la plan\u00e8te passe avant tout par l\u2019intimit\u00e9 d\u2019un <em>foyer<\/em>, car c\u2019est l\u00e0 que nous passons le plus clair de notre temps. Contrairement \u00e0 la <em>maison<\/em> en tant qu\u2019espace de vie utilitaire, con\u00e7u et compartiment\u00e9 pour fa\u00e7onner les comportements humains, <em>\u00ab \u00eatre chez soi \u00bb<\/em> est plut\u00f4t un processus alchimique de relations entre l\u2019espace et les objets, les \u00eatres, les souvenirs et les histoires qui prennent vie.** Pourtant, le monde a toujours infiltr\u00e9 la maison, malgr\u00e9 l\u2019illusion de l\u2019isolement et la promesse d\u2019un refuge personnel. Quels processus de transformation se r\u00e9v\u00e8lent dans ces moments de langueur humaine ? Quelles sont les relations qui s\u2019\u00e9panouissent autour de nous et celles qui \u00e9chappent \u00e0 notre regard ? Et quelles formes possibles de cohabitation peuvent se cacher dans des paysages domestiques apparemment silencieux ?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les pratiques artistiques et de design de Mimi Ciora et Dinu Bodiciu, les fronti\u00e8res entre les mat\u00e9rialit\u00e9s s\u2019estompent et refl\u00e8tent la porosit\u00e9 des \u00e9changes entre les corps et la diversit\u00e9 d\u2019entit\u00e9s et d\u2019organismes avec lesquels nous partageons notre existence.<\/p>\n\n\n\n<p>Dinu Bodiciu propose une perspective sur la mode qui aborde les diff\u00e9rentes nuances des rencontres entre le corps, les tissus et les entit\u00e9s plus qu\u2019humaines. La peau elle-m\u00eame, en tant que surface qui respire, devient le substrat pour la croissance d\u2019inflorescences qui racontent la possibilit\u00e9 d\u2019exp\u00e9riences symbiotiques et d\u2019un autre type de sensorialit\u00e9. Le v\u00eatement, comme une seconde peau, fonctionne comme un \u00e9cosyst\u00e8me vivant. Les marques et les taches laiss\u00e9es par les corps, la d\u00e9gradation des tissus, les bact\u00e9ries, les ressources animales impliqu\u00e9es dans la production du mat\u00e9riau, les technologies et la main-d\u2019\u0153uvre impliqu\u00e9es dans la production des textiles, et les interventions manuelles deviennent autant de formes de dialogue et de coexistence qui non seulement constituent ce que nous portons, mais r\u00e9int\u00e8grent \u00e9galement le monde dans l\u2019espace intime que nous habitons. Pour Mimi Ciora, tout l\u2019espace domestique prend la forme d\u2019un journal personnel et affectif, dans lequel les objets m\u00e9nagers et les plantes d\u2019int\u00e9rieur \u2013 compagnons aujourd\u2019hui omnipr\u00e9sents &#8211; acqui\u00e8rent une subjectivit\u00e9 propre. Des traces d\u2019interactions \u00e0 peine perceptibles, des formes subtiles d\u2019adaptabilit\u00e9, mais aussi de coexistence, relient progressivement ce d\u00e9cor pr\u00e9tendument int\u00e9rieur \u00e0 la nature. Elles forment la pellicule perm\u00e9able d\u2019un cocon, comme le lieu de transformations rarement visibles ou explicables, mais qui se d\u00e9ploient organiquement et que le corps se trouve \u00e0 enregistrer, \u00e0 inspirer et \u00e0 expirer. Une transformation continue, au fil du temps, comme une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre au monde. Parfois, les habitudes quotidiennes semblent s\u2019accompagner de l\u2019intuition d\u2019un sentiment difficilement traduisible d\u2019appartenance \u00e0 un vaste \u00e9cosyst\u00e8me, au-del\u00e0 des fronti\u00e8res que l\u2019homme s\u2019est souvent impos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>* \u2018Not a real sound, but a sort of internal buzzing, like how you can imagine hearing nails and hair growing or buds opening.\u2019 \u2013 Jenny Hval, <em>Paradise Rot,<\/em> transl. by Marjam Idriss, Verso Books, 2018, p. 222.<br>** Emanuele Coccia, <em>La filosofia della casa. Lo spazio domestico e la felicit\u00e0,<\/em> Einaudi, 2021\u200b\u200b.<\/p>\n\n\n<table>\n<tbody>\n<tr valign=\"top\">\n<td width=\"45%\"><strong>Mimi Ciora<\/strong> est titulaire d&rsquo;un master en arts visuels, D\u00e9partement graphique &#8211; mati\u00e8re et concept de la Facult\u00e9 d&rsquo;art et de design, Universit\u00e9 de l&rsquo;Ouest, Timisoara. En 2016, elle fonde avec Sergiu Sas et Florin Fara l&rsquo;association culturelle Foc \u0219i Par\u0103 (Feu et Para), dans le but d&rsquo;\u00e9tablir et de soutenir une structure organisationnelle et communicationnelle sp\u00e9cifique aux \u00e9v\u00e9nements dans le domaine de l&rsquo;art contemporain et de l&rsquo;\u00e9ducation alternative. En 2020, il devient cofondateur, conservateur et gestionnaire culturel de l&rsquo;Indecis artis run space, un espace ind\u00e9pendant \u00e0 but non lucratif et non hi\u00e9rarchique, dont l&rsquo;objectif est de promouvoir et de cultiver des relations dynamiques entre l&rsquo;art contemporain et les artistes\/artistes\/artsitx de tous les domaines. L&rsquo;espace se consacre \u00e0 l&rsquo;organisation d&rsquo;expositions, \u00e0 la stimulation de la production artistique et \u00e0 l&rsquo;accueil de programmes \u00e9ducatifs non formels dans le domaine culturel. Indecis est un espace ouvert \u00e0 la communaut\u00e9, c&rsquo;est un lieu d&rsquo;exp\u00e9rimentation DIY, de pr\u00e9sentations et de d\u00e9bats sur les th\u00e9ories contemporaines et\/ou de rencontres non formelles. Sa pratique artistique tourne souvent autour de la relation entre la flore, la faune, les champignons et les bact\u00e9ries dans leur relation avec les humains (le corps humain, f\u00e9minin) ; et aborde la fa\u00e7on dont l&rsquo;intervention humaine laisse sa marque sur l&rsquo;environnement.<\/td>\n<td align=\"center\" width=\"10%\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8468\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/sep20x20px.jpg\" alt=\"\" width=\"20\" height=\"20\" \/><\/td>\n<td width=\"45%\"><strong>Dinu Bodiciu<\/strong> est un designer originaire de Timi\u0219oara qui a \u00e9tudi\u00e9 le stylisme au London College of Fashion, o\u00f9 il est actuellement doctorant. Dinu est professeur associ\u00e9 au d\u00e9partement de mode de la facult\u00e9 des arts et du design de l&rsquo;universit\u00e9 occidentale de Timisoara. Il a enseign\u00e9 au niveau universitaire dans diff\u00e9rents contextes, du Royaume-Uni \u00e0 Singapour, o\u00f9 il a dirig\u00e9 le programme de mode du Lasalle College of the Arts. Gr\u00e2ce \u00e0 ces exp\u00e9riences, Dinu a acquis une solide compr\u00e9hension des mat\u00e9riaux, des valeurs immat\u00e9rielles des textiles dans diff\u00e9rentes cultures et de l&rsquo;importance de la durabilit\u00e9 dans la mode. Dans sa pratique, Dinu s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un processus de symbiose entre le v\u00eatement, le corps et d&rsquo;autres entit\u00e9s qui peuplent cette plan\u00e8te, des bact\u00e9ries aux champignons en passant par les plantes. Cette recherche vise globalement \u00e0 modifier les perceptions culturelles des entit\u00e9s qui interviennent dans la dynamique des v\u00eatements par le biais de leur propre activit\u00e9 esth\u00e9tique, actuellement per\u00e7ue \u00e0 tort comme destructrice. Dans la ligne de v\u00eatements <em>made with time<\/em>, Dinu int\u00e8gre les traces laiss\u00e9es par le temps et l&rsquo;usure sur des textiles qui sont recycl\u00e9s et reconfigur\u00e9s en de nouveaux produits : le motif conventionnel de la veste japonaise sukajan, la chemise hawa\u00efenne aloha ou le corset occidental.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#eaf8ff\">\u00c0 propos de la s\u00e9rie d\u2019expositions <strong><em>Disparitions dans les paysages<\/em><\/strong><br>Que signifie se perdre dans un paysage\u2009? Quelles histoires sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es lorsque la pr\u00e9sence humaine dispara\u00eet progressivement\u2009? Inspir\u00e9e par&nbsp;<em>Death by Landscape<\/em>&nbsp;d&rsquo;Elvia Wilk \u2013 un recueil d&rsquo;essais sur les exp\u00e9riences transformatrices et les mani\u00e8res de raconter la complexit\u00e9 de notre monde en d\u00e9passant la centralit\u00e9 de la figure humaine, la s\u00e9rie d&rsquo;expositions proposera diff\u00e9rentes manifestations de disparition dans les paysages comme autant de mani\u00e8res de r\u00e9fl\u00e9chir sur les \u00e9cosyst\u00e8mes dont nous faisons d\u00e9j\u00e0 partie. \u00c0 travers des r\u00e9cits sp\u00e9culatifs sur l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 des environnements que nous habitons, des compr\u00e9hensions diff\u00e9rentes de la nature et une fascination pour les mondes accessibles uniquement par des moyens technologiques, ces paysages cherchent \u00e0 donner une place \u00e0 des perspectives dans lesquelles le monde humain et le monde non-humain s&rsquo;entrelacent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Partenaires :<\/strong>&nbsp;Domeniile Franco-Rom\u00e2ne \u00b7 \u00cele de France<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 1er de la s\u00e9rie Disparitions dans les paysages Mimi Ciora \u2013 Dinu Bodiciu Commissaire de l&rsquo;exposition : Edith L\u00e1z\u00e1r 12 septembre \u2013 18 octobre | La Cave | Institutul fran\u00e7ais de Cluj-NapocaVernissage : jeudi 12 septembre, 18hHoraires d&rsquo;ouverture : du lundi au vendredi, 10h \u2013 17h \u00ab Ce n\u2019est pas tant un son r\u00e9el [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":8430,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[163,56],"tags":[],"class_list":["post-8432","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-2024-fr","category-la-cave-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8432"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8432\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8477,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8432\/revisions\/8477"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8430"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}