{"id":8573,"date":"2024-10-21T08:35:45","date_gmt":"2024-10-21T06:35:45","guid":{"rendered":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/ca-simpla-respiratie\/"},"modified":"2025-01-20T11:03:15","modified_gmt":"2025-01-20T09:03:15","slug":"ca-simpla-respiratie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/ca-simpla-respiratie\/","title":{"rendered":"Comme une simple respiration"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em><em>Chapitre 2 de la s\u00e9rie\u00a0<strong>Disparitions dans les paysages<\/strong><\/em><\/em><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"380\" height=\"10\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/bandeaublanc380x10px.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8222\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"482\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/rogojandeliu-1024x482.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8558\" srcset=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/rogojandeliu-1024x482.jpg 1024w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/rogojandeliu-600x283.jpg 600w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/rogojandeliu-768x362.jpg 768w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/rogojandeliu-1536x723.jpg 1536w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/rogojandeliu.jpg 1771w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Flaviu Rogojan \u2013 Ana-Maria Deliu<\/h4>\n\n\n\n<p>Commissaire de l&rsquo;exposition :&nbsp;<strong>Edith L\u00e1z\u00e1r<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>31 octobre \u2013 1er d\u00e9cembre&nbsp;| La Cave | Institut fran\u00e7ais de Cluj-Napoca<br>Vernissage : jeudi, 31 octobre, 18 heures<br>Horaires d&rsquo;ouverture : lundi \u2013 vendredi, 10h \u2013 17h<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Lorsqu&rsquo;elle \u00e9tait encore une jeune plan\u00e8te, la Terre tournait tr\u00e8s vite &#8211; si vite qu&rsquo;une partie s&rsquo;est envol\u00e9e dans l&rsquo;espace, et le Pacifique est la cicatrice laiss\u00e9e derri\u00e8re elle. \u00bb \u2013 Julia Armfield,&nbsp;<em>Our Wives Under the Sea<\/em>*<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9tendue du cosmos et les profondeurs de l&rsquo;oc\u00e9an constituent une immensit\u00e9 que seule la technologie nous permet de cartographier, et c&rsquo;est peut-\u00eatre pour cette raison que toutes deux sont si charg\u00e9es de myst\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois franchie la ligne de K\u00e1rm\u00e1n, la fronti\u00e8re imaginaire qui s\u00e9pare la Terre de l&rsquo;espace, l&rsquo;atmosph\u00e8re terrestre s&rsquo;amincit, l&rsquo;oxyg\u00e8ne se rar\u00e9fie et l&rsquo;obscurit\u00e9 du cosmos s&rsquo;infiltre. Plus loin, tout flotte, parfois en accord avec l&rsquo;attraction des plan\u00e8tes. Mais sous le niveau de la mer, apr\u00e8s la zone m\u00e9sop\u00e9lagique ou zone de minuit, l&rsquo;oxyg\u00e8ne se rar\u00e9fiant, le flottement devient naufrage, le poids de l&rsquo;eau annulant le poids des corps. Plus loin, dans les zones abyssale et hadale (du nom du dieu grec des enfers), tout est perdu : pas de chute, pas de l\u00e9vitation aquatique, juste une autre forme d&rsquo;abandon d&rsquo;un corps, des corps dont on ne sait pas grand-chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l&rsquo;obscurit\u00e9, il n&rsquo;y a pas de temps, ou du moins pas de la mani\u00e8re dont nous le percevons habituellement. Sans les dispositifs technologiques, la planification des journ\u00e9es et du travail s&rsquo;effondre. Dans A History of Sleep, Eluned Summers-Bremner note que nous supposons souvent que la nuit et le sommeil s&rsquo;adaptent \u00e0 ce qui leur manque &#8211; la lumi\u00e8re et l&rsquo;activit\u00e9. Mais les deux ont toujours \u00e9t\u00e9 des espaces pleins : la nuit, la lune, les \u00e9toiles, la mer et les mar\u00e9es ont tous leurs propres cycles et rythmes. Nous aspirons, en fait, \u00e0 l&rsquo;oubli de soi que procure l&rsquo;absence de lumi\u00e8re.**<\/p>\n\n\n\n<p>Que se passe-t-il dans les profondeurs de ces espaces inaccessibles ? L\u00e0 o\u00f9 aucun signal ne parvient, o\u00f9 aucune lumi\u00e8re ne p\u00e9n\u00e8tre et o\u00f9 le temps lui-m\u00eame semble suspendu. Les sens s&rsquo;effondrent-ils ? Ou peut-\u00eatre, en l&rsquo;absence du familier, se transforment-ils en quelque chose d&rsquo;autre, d&rsquo;encore inconnu, qui nous permet de regarder autrement les fronti\u00e8res si obstin\u00e9ment trac\u00e9es ?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l&rsquo;immensit\u00e9 de l&rsquo;espace, Flaviu Rogojan raconte le voyage d&rsquo;une minuscule sonde spatiale envoy\u00e9e sur une orbite autour du soleil similaire \u00e0 celle de la Terre, avec laquelle la NASA a perdu le contact en 2013. M\u00ealant fiction sp\u00e9culative et donn\u00e9es historiques, l&rsquo;\u0153uvre vid\u00e9o interroge le lien entre l&rsquo;observation humaine des corps c\u00e9lestes et l&rsquo;histoire coloniale des instruments de mesure du temps, dont la lin\u00e9arit\u00e9 perturbe les rythmes naturels ou brise ceux qui s&rsquo;en \u00e9cartent. Mais au loin, dans les profondeurs de l&rsquo;espace, au-del\u00e0 de tout contact, une nouvelle possibilit\u00e9 de vie pour la sonde spatiale se laisse entrevoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Ana-Maria Deliu s&rsquo;enfonce progressivement dans les profondeurs d&rsquo;une mer primordiale, zone apr\u00e8s zone, au-del\u00e0 du point o\u00f9 la lumi\u00e8re dispara\u00eet et avec elle la cartographie terrestre. Cette immersion prend la forme d&rsquo;une chor\u00e9graphie po\u00e9tique et intuitive de liens \u00e9motionnels qui refl\u00e8tent une bio-contamination pr\u00e9sente dans nos vies. Les corps humains sont principalement constitu\u00e9s d&rsquo;eau, une eau dans laquelle une partie de l&rsquo;oc\u00e9an a \u00e9t\u00e9 pi\u00e9g\u00e9e, et o\u00f9 d&rsquo;autres corps et fragments du pass\u00e9 continuent de flotter dans une hydrologie de l&rsquo;existence. Parfois, nous flottons, suspendus dans un \u00e9tat qui semble perdurer, comme un \u00e9quilibre fragile &#8211; une flottabilit\u00e9 neutre. D&rsquo;autres fois, nous respirons au rythme de tout ce qui nous entoure, \u00e0 la limite de r\u00e9alit\u00e9s que nous pressentons sans savoir si nous y acc\u00e9derons un jour. Quelque part dans les profondeurs obscures, les chercheurs affirment que de l&rsquo;oxyg\u00e8ne semble encore \u00eatre produit.***<\/p>\n\n\n\n<p>* \u2018That when the earth was young it rotated very quickly \u2013 it went so fast that part of it flew off into space and the Pacific is the scar it left behind.\u2019 Julia Armfield: <em>Our Wives Under the Sea,<\/em> Pan Macmillan, 2022<br>** Eluned Summers-Bremner: <em>Insomnia: A Cultural History,<\/em> Chicago: University of Chicago Press, 2008.<br>*** Andrew K. Sweetman <em>et al.<\/em>:<em> <\/em>Evidence of dark oxygen production at the abyssal seafloor, <em>Nature Geoscience<\/em>&nbsp;vol. 17,&nbsp;pp. 737\u2013739 (2024)<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\">\n<table border=\"0\">\n<tbody>\n<tr valign=\"top\">\n<td><strong>Ana-Maria Deliu<\/strong> explore les fictions sp\u00e9culatives, les mondes plus qu&rsquo;humains et les relations \u00e9cologiques \u00e0 travers la po\u00e9sie, l&rsquo;art contemporain et la recherche universitaire. Elle est professeur adjoint \u00e0 la facult\u00e9 des lettres et des arts de Sibiu. Il a publi\u00e9 des articles en libre acc\u00e8s, notamment \u00ab Thoughts on Porous Skins. A Matter of Design \u00bb dans<em> outofstock.xyz<\/em> (coord. par Edith L\u00e1z\u00e1r), et \u201cState of the Art : Literary Studies in the Anthropocene\u201d dans <em>Metacritic Journal for Comparative Studies and Theory<\/em> <em>2\/2023<\/em>, num\u00e9ro sur la post- et l&rsquo;\u00e9co-critique coordonn\u00e9 avec Laura Pavel et Paul Paraschiv. Il a particip\u00e9 en tant que <em>chercheur-performeur<\/em> \u00e0 l&rsquo;Institut d&rsquo;art contemporain KW de Berlin lors du Hackathon <em>Black Swan : The Communes<\/em> (2021) et au festival ConTempo de Kaunas (2022) dans une <em>recherche-performance<\/em> coordonn\u00e9e par Lene Vollhardt et The Sphere. Elle a particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Autumn School of Curating 2022 (Centre culturel Clujean et Art Encounters Foundation). Il a lu de la po\u00e9sie lors d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements tels que Secret Talk (Cluj, 2023) et Poetry Days at C\u0103rture\u0219ti (Cluj, 2024).<\/td>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/sep20x20px.jpg\" alt=\"\" width=\"20\" height=\"20\" \/><\/td>\n<td><strong>Flaviu Rogojan<\/strong> est un artiste et un commissaire d&rsquo;exposition originaire de Cluj. Ses \u0153uvres font souvent r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des moments de l&rsquo;histoire de la science, de la technologie ou des jeux vid\u00e9o, et combinent ces r\u00e9cits avec des strat\u00e9gies d&rsquo;art conceptuel pour r\u00e9fl\u00e9chir de mani\u00e8re po\u00e9tique aux relations sociales ou politiques du monde stratifi\u00e9 dans lequel nous vivons. En tant que conservateur, il s&rsquo;int\u00e9resse aux contextes historiques ou g\u00e9opolitiques et les suit pour d\u00e9velopper des projets de conservation sp\u00e9cifiques \u00e0 un site. Elle a expos\u00e9 dans des contextes nationaux et internationaux : Planetario Porto &#8211; Institute for Astrophysics and Space Sciences, Akademie Schloss Solitude, Kunstverein Nieder\u00f6sterreich, Art Encounters Timisoara Biennial, Media Art Festival Arad et Salonul de Proiecte \u00e0 Bucarest. En 2022, il a \u00e9t\u00e9 en r\u00e9sidence artistique \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie Schloss Solitude (Stuttgart, Allemagne). Il est co-commissaire de<em> Off Season<\/em> &#8211; r\u00e9sidence de recherche sur le littoral albanais, membre du collectif curatorial <em>Here There<\/em> et d&rsquo;un nouveau collectif ax\u00e9 sur les g\u00e9ographies du delta &#8211; <em>Sharing food, writing recipes and other travelling non-apocalyptic non-apocalyptic toolkits.<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/figure>\n\n\n<p>Que signifie se perdre dans un paysage\u2009? Quelles histoires sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es lorsque la pr\u00e9sence humaine dispara\u00eet progressivement\u2009? Inspir\u00e9e par&nbsp;<em>Death by Landscape<\/em>&nbsp;d\u2019Elvia Wilk \u2013 un recueil d\u2019essais sur les exp\u00e9riences transformatrices et les mani\u00e8res de raconter la complexit\u00e9 de notre monde en d\u00e9passant la centralit\u00e9 de la figure humaine, la s\u00e9rie d\u2019expositions proposera diff\u00e9rentes manifestations de disparition dans les paysages comme autant de mani\u00e8res de r\u00e9fl\u00e9chir sur les \u00e9cosyst\u00e8mes dont nous faisons d\u00e9j\u00e0 partie. \u00c0 travers des r\u00e9cits sp\u00e9culatifs sur l\u2019\u00e9tranget\u00e9 des environnements que nous habitons, des compr\u00e9hensions diff\u00e9rentes de la nature et une fascination pour les mondes accessibles uniquement par des moyens technologiques, ces paysages cherchent \u00e0 donner une place \u00e0 des perspectives dans lesquelles le monde humain et le monde non-humain s\u2019entrelacent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Partenaires :<\/strong>&nbsp;Domeniile Franco-Rom\u00e2ne \u00b7 \u00cele de France<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 2 de la s\u00e9rie\u00a0Disparitions dans les paysages Flaviu Rogojan \u2013 Ana-Maria Deliu Commissaire de l&rsquo;exposition :&nbsp;Edith L\u00e1z\u00e1r 31 octobre \u2013 1er d\u00e9cembre&nbsp;| La Cave | Institut fran\u00e7ais de Cluj-NapocaVernissage : jeudi, 31 octobre, 18 heuresHoraires d&rsquo;ouverture : lundi \u2013 vendredi, 10h \u2013 17h \u00ab Lorsqu&rsquo;elle \u00e9tait encore une jeune plan\u00e8te, la Terre tournait tr\u00e8s [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":8559,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[163,56],"tags":[],"class_list":["post-8573","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-2024-fr","category-la-cave-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8573","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8573"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8573\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8577,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8573\/revisions\/8577"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8559"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8573"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8573"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8573"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}