{"id":8706,"date":"2024-12-06T13:41:55","date_gmt":"2024-12-06T11:41:55","guid":{"rendered":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/revelatii-dintr-un-taram-apropiat\/"},"modified":"2025-01-20T11:03:15","modified_gmt":"2025-01-20T09:03:15","slug":"revelatii-dintr-un-taram-apropiat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/revelatii-dintr-un-taram-apropiat\/","title":{"rendered":"R\u00e9v\u00e9lations d&rsquo;une contr\u00e9e proche"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Chapitre 3 de la s\u00e9rie\u00a0<strong>Disparitions dans les paysages<\/strong><\/em><\/h3>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"380\" height=\"10\" class=\"wp-image-8222\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/bandeaublanc380x10px.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"482\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/revelatii-site-1024x482.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8703\" srcset=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/revelatii-site-1024x482.jpg 1024w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/revelatii-site-600x283.jpg 600w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/revelatii-site-768x362.jpg 768w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/revelatii-site-1536x723.jpg 1536w, https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/revelatii-site.jpg 1771w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Maria Balea \u2013 George Cr\u00eenga\u0219u<\/h4>\n\n\n\n<p>Commissaire de l&rsquo;exposition :\u00a0<strong>Edith L\u00e1z\u00e1r<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>12 d\u00e9cembre 2024 \u2013 17 janvier 2025\u00a0| La Cave | Institut fran\u00e7ais de Cluj-Napoca<br>Vernissage : jeudi 12 d\u00e9cembre, 18h<br>Horaires d&rsquo;ouverture : lundi \u2013 vendredi, 10h \u2013 17h<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Demain, il pourrait se faire pousser un \u0153il, pour la sensation agr\u00e9able. Ou peut-\u00eatre pas \u2013 et il utiliserait le sonar pour laisser derri\u00e8re lui la cro\u00fbte superficielle, plonger en dessous et creuser en profondeur, pour \u00e9couter les myriades de connexions fongiques qui transmettent ses informations au monde. \u00bb \u2013 Jeff VanderMeer, <em>Always Home<\/em>*<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous d\u00e9pla\u00e7ons souvent dans des interpr\u00e9tations urbaines de la nature qui tendent \u00e0 r\u00e9duire la nature \u00e0 un refuge harmonieux, l&rsquo;environnement domestiqu\u00e9, calme, \u00e0 proximit\u00e9 des habitats humains. Dans un texte sur l&rsquo;architecture paysag\u00e8re, Karrie Jacobs observe que les conceptions environnementales (souvent avec des mat\u00e9riaux artificiels) sont con\u00e7ues non seulement pour restaurer des zones m\u00e9thodiquement d\u00e9truites par les g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es, mais surtout pour temp\u00e9rer les effets d&rsquo;une nature non con\u00e7ue.** L&rsquo;histoire des environnements naturels cr\u00e9\u00e9s par l&rsquo;homme est profond\u00e9ment li\u00e9e au progr\u00e8s technologique &#8211; d&rsquo;abord en tant que domestication, mais aussi en sens inverse, la nature devenant l&rsquo;inspiration pour les syst\u00e8mes d&rsquo;exploitation des appareils technologiques que nous utilisons si organiquement et intuitivement dans notre vie de tous les jours.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais qui et quoi survit lorsque le monde technologique se tourne vers la nature, et qu&rsquo;arrive-t-il alors \u00e0 la nature ? Quand un paysage se mat\u00e9rialise-t-il ? Quelle est l&rsquo;exp\u00e9rience de ce paysage lorsqu&rsquo;il est \u00e0 la fois un souvenir, une sensation et une chose vivante ? Et quels types de couches g\u00e9ologiques cache-t-il ?<\/p>\n\n\n\n<p>Maria Balea esquisse des impressions de paysages v\u00e9g\u00e9taux apparemment silencieux dans lesquels des couches de surface organique r\u00e9v\u00e8lent les traces mat\u00e9rielles de techno-faci\u00e8s. On ne sait pas quand elles ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9diment\u00e9es, mais elles se sont certainement naturalis\u00e9es et font d\u00e9sormais partie d&rsquo;une cro\u00fbte plan\u00e9taire en constante transformation. Les temps g\u00e9ologiques et arch\u00e9ologiques se caract\u00e9risent par leur lenteur, enregistrant des fragments et des ph\u00e9nom\u00e8nes si dispers\u00e9s dans le temps et l&rsquo;espace qu&rsquo;il est impossible de les saisir dans leur totalit\u00e9. Et pourtant, ils construisent des histoires sp\u00e9culatives : des histoires sur la plan\u00e8te, sur les technologies, sur les modes de vie, sur un autre type de temporalit\u00e9 &#8211; des temps et des mondes qui coexistent avec le rythme rapide et anxieux que nous connaissons dans le monde contemporain.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autre part, George Cr\u00eenga\u0219u imagine la sc\u00e9nographie d&rsquo;une rencontre improbable mais pas impossible avec une entit\u00e9 myst\u00e9rieuse, fluide et difficile \u00e0 d\u00e9finir, qui \u00e9tire et d\u00e9stabilise les limites du moi et du corps humain. Con\u00e7ue comme un assemblage de sculptures num\u00e9riques imprim\u00e9es en 3D, la sc\u00e8ne emprunte aux transformations extatiques &#8211; des ph\u00e9nom\u00e8nes mystiques proches de l&rsquo;imaginaire de la culture m\u00e9di\u00e9vale, o\u00f9 de telles transgressions apparaissent comme des exp\u00e9riences ressenties de v\u00e9rit\u00e9s qui refl\u00e8tent un monde plus large et changent la perception humaine. Quelque chose de profond, une multiplicit\u00e9 rayonne, prend forme et refuse d&rsquo;\u00eatre contenue ou expliqu\u00e9e par la raison intellectuelle. Elle refl\u00e8te au contraire une mat\u00e9rialit\u00e9 dynamique qui s&rsquo;approprie ses propres donn\u00e9es pour trouver d&rsquo;autres formes vivantes dans lesquelles s&rsquo;installer, ni tout \u00e0 fait v\u00e9g\u00e9tales, ni tout \u00e0 fait humaines. Comme dans une image st\u00e9r\u00e9oscopique (dans laquelle deux perspectives diff\u00e9rentes se fondent en une image tridimensionnelle), des morceaux et des fragments du paysage naturel fusionnent avec les traces \u00e0 peine perceptibles de la technologie. Celles-ci laissent entrevoir une relation techno-organique \u00e9trange, peut-\u00eatre monstrueuse, peut-\u00eatre fantastique ou non domestiqu\u00e9e, mais d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente, dont nous faisons partie. \u00c0 l&rsquo;instar des mondes virtuels, m\u00eame dans un paysage naturel o\u00f9 les reliefs se profilent au loin, les choses sont beaucoup plus proches qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet et ne sont plus \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>* \u2018Tomorrow she might grow an eye because the sensation was pleasurable. Or she might not and employ sonar to forsake the surface, to plunge below and tunnel deep, tap into the millions of fungal networks that channelled information worldwide.\u2019 Jeff VanderMeer, Always Home in <em>Terraform, <\/em>Brian Merchant,&nbsp;Claire L. Evans (eds), Farrar, Straus and Giroux, 2022.<br>** Karrie Jacobs, The Perils of the Landscapes We Make, <em>Untapped<\/em> #11, 2024.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\">\n<table border=\"0\">\n<tbody>\n<tr valign=\"top\">\n<td><strong>Maria Balea<\/strong> (n\u00e9e en 1990) est une artiste qui vit et travaille \u00e0 Cluj-Napoca. Sa pratique artistique combine la peinture, le collage, l&rsquo;installation et la fabrication d&rsquo;objets \u00e0 travers un processus subtil d&rsquo;observation qui prend en compte diff\u00e9rents mythes, la m\u00e9moire et l&rsquo;imagination int\u00e9rieure. Fascin\u00e9e par les rythmes cach\u00e9s de la vie qui contrastent avec le tumulte du quotidien, ses paysages picturaux et ses \u0153uvres cherchent \u00e0 refl\u00e9ter le territoire du subconscient. Empruntant \u00e0 la tradition surr\u00e9aliste f\u00e9minine et au symbolisme alchimique, ses \u0153uvres proposent des surfaces fluides et des transformations perp\u00e9tuelles dans lesquelles la nature et l&rsquo;humain se confondent, tout en \u00e9voquant l&rsquo;esth\u00e9tique num\u00e9rique contemporaine.<br>Maria Balea est \u00e9galement la cofondatrice de Superliquidato (SPRLQDT), un espace d&rsquo;art alternatif d\u00e9di\u00e9 aux m\u00e9diums num\u00e9riques et exp\u00e9rimentaux \u00e9mergents, actif entre 2014 et 2017 \u00e0 la Paintbrush Factory \u00e0 Cluj-Napoca.<\/td>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/sep20x20px.jpg\" alt=\"\" width=\"20\" height=\"20\" \/><\/td>\n<td><strong>George Cr\u00eenga\u0219u<\/strong> (n\u00e9 en 1988 \u00e0 Foc\u0219ani) vit et travaille entre Rome et Cluj-Napoca.<br>Form\u00e9e pendant l&rsquo;\u00e9mergence de la culture internet, des m\u00e9dias num\u00e9riques et des technologies \u00e9mergentes, sa pratique artistique explore pr\u00e9cis\u00e9ment ces territoires. Ses \u0153uvres &#8211; qui prennent souvent la forme d&rsquo;impressions num\u00e9riques et d&rsquo;objets sculpturaux &#8211; sont charg\u00e9es d&rsquo;une myriade de r\u00e9f\u00e9rences : de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art aux espaces personnels et intimes, des paysages \u00e9voquant l&rsquo;esth\u00e9tique des jeux vid\u00e9o aux images bizarres et contemplatives. Sa formation artistique, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans les paradigmes traditionnels (peinture, dessin, gravure), apporte une dimension hybride \u00e0 ses \u0153uvres, oscillant constamment entre l&rsquo;analogique et le num\u00e9rique sans les fusionner, mais recherchant plut\u00f4t ces moments de contamination\/possession.<br>Ses \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es dans des galeries et des espaces tels que la galerie Nicodim, \u00e0 Bucarest ; ArtCologne, \u00e0 Cologne ; Digital Art Festival, \u00e0 Ath\u00e8nes ; CFHILL, \u00e0 Stockholm et Liste Art Fair, \u00e0 B\u00e2le.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/figure>\n\n\n<p>Que signifie se perdre dans un paysage\u2009? Quelles histoires sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es lorsque la pr\u00e9sence humaine dispara\u00eet progressivement\u2009? Inspir\u00e9e par\u00a0<em>Death by Landscape<\/em>\u00a0d\u2019Elvia Wilk \u2013 un recueil d\u2019essais sur les exp\u00e9riences transformatrices et les mani\u00e8res de raconter la complexit\u00e9 de notre monde en d\u00e9passant la centralit\u00e9 de la figure humaine, la s\u00e9rie d\u2019expositions proposera diff\u00e9rentes manifestations de disparition dans les paysages comme autant de mani\u00e8res de r\u00e9fl\u00e9chir sur les \u00e9cosyst\u00e8mes dont nous faisons d\u00e9j\u00e0 partie. \u00c0 travers des r\u00e9cits sp\u00e9culatifs sur l\u2019\u00e9tranget\u00e9 des environnements que nous habitons, des compr\u00e9hensions diff\u00e9rentes de la nature et une fascination pour les mondes accessibles uniquement par des moyens technologiques, ces paysages cherchent \u00e0 donner une place \u00e0 des perspectives dans lesquelles le monde humain et le monde non-humain s\u2019entrelacent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Partenaires :<\/strong>\u00a0Domeniile Franco-Rom\u00e2ne \u00b7 \u00cele de France<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 3 de la s\u00e9rie\u00a0Disparitions dans les paysages Maria Balea \u2013 George Cr\u00eenga\u0219u Commissaire de l&rsquo;exposition :\u00a0Edith L\u00e1z\u00e1r 12 d\u00e9cembre 2024 \u2013 17 janvier 2025\u00a0| La Cave | Institut fran\u00e7ais de Cluj-NapocaVernissage : jeudi 12 d\u00e9cembre, 18hHoraires d&rsquo;ouverture : lundi \u2013 vendredi, 10h \u2013 17h \u00ab Demain, il pourrait se faire pousser un \u0153il, pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":8704,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[163,56],"tags":[],"class_list":["post-8706","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-2024-fr","category-la-cave-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8706","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8706"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8706\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8787,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8706\/revisions\/8787"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8704"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8706"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8706"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/institutfrancais.ro\/cluj-napoca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8706"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}